MARTIN COURTNEY, MAGIC SIGN

En repêchage : Magic Sign, le deuxième album solo de Martin Courtney, tête pensante et agissante de Real Estate, est sorti en juin, quelques jours avant la longue césure estivale. Mauvais tempo, mauvais karma. L’été ne goûte pas le travail léché. Il lui préfère le martèlement des BPM et les vociférations des chansons à boire, cornes d’abondance saisonnière de l’industrie musicale et mirages hédonistes de l’estivant(e). Alors comment prendre pied dans ce tapage lorsque, auteur-compositeur-interprète on affectionne un chant posé, des harmonies légères, des compositions mélodieuses, des chansons douces en somme? Injouable, inutile d’y penser. Donc attendre, faire le dos rond et revenir lorsque l’agitation est retombée. Car Martin Courtney est expert en chansons douces. Seul ou avec son groupe -cet album a été écrit en même temps que Half a human – il ouvrage une jangle pop de charme, guitares carillonnantes, voix sonore et tempo mesuré, sous contrôle, à la lisière de l’indolence, détachement feint. Exception faite de Sailboat, pas un titre ne déroge à cette grammaire : « Pour une raison quelconque, j’ai toujours pensé que je n’avais pas le droit de faire du rock. Sailboat c’est une tentative. J’ai eu la chance d’être accompagné sur le titre par Matt Barrick, qui a joué de la batterie sur la plus grande chanson rock des années 2000 The Rat des Walkmen. Je n’aurais pas pu le faire autrement. » Renouvellera-t-il sa tentative ? Dispensable. Il est très bien dans sa zone de confort. A l’amorce d’une saison sombre et froide Magic sign est le rayon de soleil dont nous avons tous besoin.

Un disque Domino

MARTIN COURTNEY, MAGIC SIGN

MORE TO COME : ARTIC MONKEYS,THE CAR

J – 4 avant la sortie de The car, le septième album de Artic Monkeys. Soit dix chansons signées Alex Turner, produites par son pote des Last Shadow Puppets James Ford. Deux titres pour patienter et se faire une idée : There’d better a mirrorball et Body Paint. Suivra une tournée marathon, tour du monde qui fera étape à Paris, à l’AccorHotels Arena les 9 et 10 mai 2023.

MORE TO COME : ARTIC MONKEYS,THE CAR

GA-20, CRACKDOWN

Il y a environ un an, Try it…You might like it, l’album du trio bostonien, balayait le répertoire de Hound Dog Taylor en dix titres. Du blues, du blues, du blues, ce sont des joueurs de blues. La trajectoire n’a pas dévié, ce que confirme le guitariste Matt Stubbs : Crackdown est bien un disque « de blues électrique traditionnel basé sur des chansons que nous aimons ». Et que nous faisons, aurait-il pu ajouter puisque cette fois-ci, dans un format identique, dix compositions dont un instrumental, on ne relève qu’une seule reprise : Just Because, tube R&B de Lloyd Price de la fin des années 50. Elle a d’autant moins dévié, qu’en fait, Crackdown est la suite de leur premier album Lonely soul comme Stubbs le précise à Hannah Means-Shannon : « Ce sera le troisième LP, mais il a été enregistré avant le disque Hound Dog. Nous l’avons mis sur l’étagère pendant la pandémie, parce que nous voulions nous assurer que nous pouvions tourner derrière. Puis, pendant la pandémie, nous avons enregistré le disque Hound Dog. Crackdown est donc une suite de Lonely Soul. Nous sommes retournés dans le même studio et avons travaillé avec le même ingénieur. Mais nous voulions aller de l’avant; nous écoutions beaucoup de musique country, de soul et de garage rock. Par conséquent, différentes formes de la musique Blues se glissent dans Crackdown. Lonely Soul était assez Chicago blues de la fin des années 50, un peu début des années 60. Crackdown est plus marqué début des années 60. » C’est un enregistrement spectre large dont la sincérité dans l’engagement testimonial est incontestable : au fil des chansons, le blues de GA-20 remonte le delta, du métissage codifié et séminal des musiques populaires blanche et noire des états du sud, dont naît le blues, au blues électrique multiracial du ghetto Chicagoen. Matt Stubbs n’a-t-il pas longtemps été compagnon de route de Charlie Musselwhite, lui même protégé de Muddy Waters ? Réalisateur à la manœuvre, Stubbs s’attache à reconstituer le passé. Il explique à Ellie Rogers avoir utilisé des techniques d’enregistrement vintage : « Nous avons apporté beaucoup de vieux amplis et guitares et nous nous sommes amusés à explorer différentes combinaisons ; nous avons pris beaucoup de temps à composer les sons de la batterie et de la guitare. » De Fairweather Friend, ouverture pied au plancher façon Jimmy Vaughan à… Fairweather Friend (Final goodbye), clôture remplissage de l’aveu même de Stubbs (« Nous avions déjà neuf chansons, mais nous avions l’impression que nous avions besoin d’un peu plus à la fin de l’album. Nous pouvions prendre cette chanson forte et rapide qui ouvre l’album et en faire une version dépouillée, un peu triste »), GA-20 suit son cahier des charges – « différentes formes de blues » – à la lettre : By my lonesome, blues teinté de classic rock, ou l’inverse, façon Chuck Berry ; Dry sun, blues teinté de country, ou l’inverse ; Just because , I let someone, Gone for good blues chicagoen pur jus; Crackdown instrumental psyché-blues ou le contraire, « joué un peu comme en live ; le blues est fait pour être joué en live. Il s’agit de raconter des histoires. Nous aimons faire des disques, mais jouer en live est encore plus important pour nous ». Avec sept dates en France, le RV est pris.

Un disque Colemine/Modulor

* https://www.bandsintown.com/fr/a/15242332-ga-20

GA-20, CRACKDOWN